- 1982 : une naissance attendue
Cet institut, comme la plupart des établissements de promotion sociale, existait depuis longtemps en tant que partie « cours du soir » d'une école de plein exercice, en l'occurrence l'actuelle haute école HEPCUT, départements pédagogique et social (Marcinelle).
Créée en 1945 en tant que l'Ecole provinciale de service social de Charleroi (dans l'annexe de la Maternité Reine Astrid), cette école supérieure de plein exercice déménage ensuite à Châtelineau, puis à Marcinelle en 1966 et prend le nom d'Institut provincial supérieur des Sciences sociales appliquées = IPSSSA), puis devient Institut provincial supérieur des Sciences sociales et pédagogiques (IPSMa), et, depuis la fusion en haute école, secteurs pédagogique et social de la Haute Ecole provinciale HEPCUT.
La scission entre les cours du jour et les cours du soir a lieu le 1er septembre 1982. A cette date, l'Institut de promotion sociale dispose, sinon de moyens, du moins d'un directeur spécifique à mi-temps, Achille Manfredi, bien décidé à promouvoir son enseignement, en qualité comme en notoriété et en valorisation.
Si, en 1984, l'Institut compte 250 inscrits, ils sont 520 en 1990, 930 en 1993 et 1400 en 1997. Cette population est depuis stabilisée entre 1200 et 1400 étudiants, même si le volume d'heures de cours organisées a augmenté régulièrement.
- 1992 : Les voyages forment la jeunesse
Jusque 1997, l'enseignement de promotion sociale cohabite dans les locaux de Marcinelle avec l'école de plein exercice. Cependant, l'exiguïté des lieux impose immédiatement de multiples délocalisations de sorte que les sections se voient dispersées dans la région : les sections paramédicales (préparatoire aux études d'infirmière brevetée, infirmière brevetée devant le jury central et cadres en soins de santé) sont installées à la Samaritaine à Montignies sur Sambre et à la « petite Maison » près de l'Institut Jean Jaurès, puis, en 1992, déménagent à l'Eden (Charleroi) où la section « éducateur spécialisé » les rejoint de 1994 à 1997 ; les sections pédagogiques pour instituteurs sont au CRIAC à Montignies sur Sambre. Finalement, tout l'Institut est transféré en novembre 1997 dans le bâtiment du fer, au cœur de l'Université du Travail. Ce bâtiment, discrètement rebaptisé Atelier Ferrer, abrite aujourd'hui au 3ème étage les étudiants inscrits dans les sections pédagogiques, paramédicales et sociales de l'IPSMa Promotion sociale.
Les locaux ont été aménagés en salles de techniques pour les infirmières, en laboratoires multimédia pour tous mais particulièrement pour les bibliothécaires-documentalistes (baccalauréat et brevet) dont la nouvelle professionnalité se doit d'intégrer les nouvelles technologies de l'information.
Des sections qui ont de l'histoire
L'IPSMa Promotion sociale est non seulement le fruit d'une scission, il est aussi le réceptacle final d'une succession de transferts de sections d'une école vers une autre de sorte que chacune des sections principales qui la caractérisent aujourd'hui a connu bien des pérégrinations.
Les sections pédagogiques des cours du soir à l'IPSMa plein exercice étaient :
- Cours normaux pour éducateurs et éducatrices (disparus)
- Cours Normaux Techniques Moyens (devenus Certificat d'Aptitude Pédagogique en 1995)
- Cours normaux techniques primaires (disparus)
- Cours Normaux pour l'Enseignement Spécial (devenus orthopédagogie en 2002)
Les CNTM existaient également sur le plateau de l'UT dans divers établissements (IETS puis à l'ISI) et sont finalement regroupés avec ceux de l'IPSMa plein exercice (cours du soir) à la fin des années 70. Lorsque les cours normaux étaient organisés dans les écoles techniques, leur orientation étaient moins pédagogique et nettement plus centrée sur la maîtrise des matières à enseigner. Les jurys d'examens étaient d'ailleurs essentiellement constitués de représentants des entreprises de la région, en particulier des industries. Même les professeurs de pédagogie n'avaient qu'une voix consultative. Le transfert de ces sections dans un institut spécifiquement pédagogique a, bien entendu, replacé la formation des enseignants dans une perspective plus cohérente. Actuellement, l'IPSMa ps est, pour la Province, région de Charleroi, le seul organisateur de ces cours normaux devenus en 1995 le CAP. En 2003, le CAPAES a été inauguré, en complément du CAP et en collaboration avec les hautes écoles de la région, et plus particulièrement avec le secteur pédagogique de l'HEPCUT. La boucle est bouclée.
Les éducateurs (sociaux) spécialisés eux aussi existaient déjà en plein exercice. L'enseignement de Promotion sociale est parvenu à obtenir l'équivalence pour la formation organisée en promotion sociale à destination des travailleurs du secteur. Aujourd'hui, cette formation est un baccalauréat correspondant aux études de plein exercice (bachelier en éducation spécialisée en accompagnement psycho-éducatif) et continue de rencontrer un succès important. Les étudiants de cette section mènent régulièrement des projets en collaboration avec les professionnels du secteur. En 1991 et 1992, des professeurs et des étudiants ont développé et mis en œuvre un plan d'échanges avec des partenaires belges et français (Maubeuge et Lille). Des échanges entre professeurs des hautes écoles et de la promotion sociale autour des métiers et des études du secteur se développent, au bénéfice de la cohérence et de la professionnalisation du travail éducatif spécialisé.
Les bacheliers bibliothécaires-documentalistes (alors gradués), le brevet d'aptitude à gérer une bibliothèque publique et le certificat (aujourd'hui obsolète et disparu des programmes) existaient également à l'IPSMa aux cours du soir depuis 1980 et venaient préalablement de l'U.T. où ils étaient organisés au sein de l'institut supérieur commercial (IETC). Les programmes ont été profondément remodelés et actualisés en 1998.
Les sections infirmières :
Parmi les sections existant avant la création de l'IPSMa PS, il faut encore noter la préparation à l'épreuve conduisant à l'obtention du brevet d'infirmière hospitalière devant jury central et la préparation à l'épreuve préparatoire aux études d'infirmier hospitalier devant le jury central qui existaient à l'Université du Travail (IETS) et ont rejoint l'Institut en 1986.
C'est d'ailleurs en 1986 que le domaine paramédical de l'IPSMa ps a été initié, non seulement par la prise en charge de ces deux formations préparatoires au jury central (à l'époque, donc, et jusqu'en 1998, l'institut ne délivrait pas directement le titre d'infirmier) mais également par la mise en œuvre des études de cadre en soins de santé. Depuis, l'école a vu s'organiser pas moins de 15 formations différentes destinées au personnel du secteur de la santé (exemples:les soins palliatifs, la gestion de la douleur, la démarche Qualité en institution de soins, l'année préparatoire au brevet infirmier, l'actualisation des connaissances, ... ) à côté des formations d'infirmière hospitalière (programme correspondant au plein exercice depuis 98), d'infirmière bachelières en soins infirmiers (programme correspondant au plein exercice depuis 98), de cadres de santé et, dès 2003, d'infirmier bachelier en soins infirmiers pour les titulaires d'un brevet d'infirmier hospitalier. Si ce secteur s'est particulièrement développé, il le doit notamment aux excellents partenariats mis en place avec les hôpitaux de Charleroi, actuellement ISPPC, mais aussi la collaboration précieuse d'autres hôpitaux à La Louvière, Gosselies, Charleroi ou Lobbes.
Le Graduat en pratique de la presse et de l'information, aujourd'hui disparu, a accompagné l'IPSMa de 1985 à 2003. De même, les études pédagogiques supérieures, créées par le CePec à la fin des années 70 au sein de l'Institut supérieur de Pédagogie et transférées en 1986 à l'IPSMa Promotion sociale, ont été organisées jusqu'en 2003.
Un secteur novateur, l'informatique pédagogique, a été expérimenté dans nos murs. C'est encore ce secteur très dynamique de l'informatique pédagogique qui, au travers d'un projet interécoles, a collaboré avec l'IGRETEC au développement de la technologie Internet sur la région de Charleroi, collaboration couronnée, au travers d'un concours, par l'obtention d'un prix.
En 1997, l'IPSMaPS a participé à la création, par l'Institut supérieur industriel de promotion sociale, du très moderne graduat en infographie, montrant par là son souci de collaborer avec les partenaires régionaux.
Epinglons enfin l'initiative de l'enseignement de promotion sociale et, en particulier de l'IPSMa PS, de soutenir le projet de développement d'une langue des signes normée et, par là, de promouvoir une meilleure insertion des sourds et des malentendants. Cette formation en langue des signes, en œuvre depuis 1997, a délivré des certificats de niveau élémentaire et de niveau moyen et occasionnellement, de niveau approfondi.
Quelques bouleversements, une adaptabilité nécessaire, des formations multiples
L'IPSMa ps a connu, l'espace de ses 20 années d'existence propre, un essor et un développement régulier et relativement harmonieux, tout en traversant quelques zones de turbulences.
Ainsi, l'institut a tout de même connu 6 directeurs en 25 ans. Il a expérimenté 6 implantations, un déménagement complet et bien des déboires matériels dans des locaux souvent insuffisants ou inadaptés. Comme tout l'enseignement de Promotion sociale, il a aussi subi un bouleversement complet de son organisation lors de l'application du nouveau décret dit « de régime 1 » qui, depuis 1992, modifie les fondements pédagogiques et techniques de cet enseignement. Aujourd'hui encore, les programmes continuent de vivre de profondes mutations et les règles de gestion sont revues.
Un institut ouvert sur les partenariats
Le CSEF, la MIREC, le CRIC, l'ISPPC (hôpitaux de l'Intercommunale), les centres hospitaliers de Lobbes et La Louvière, la Plate-forme régionale des soins palliatifs, la bibliothèque provinciale de l'UT et celle de La Louvière, le TEC, le Centre coordonné de l'Enfance, l'ONE ou le CRIAC sont ou ont été des partenaires de l'IPSMa PS qui, par ailleurs, envoie ses stagiaires dans les écoles, les institutions d'éducation spécialisée, les hôpitaux, les bibliothèques et les centres de documentation de toute la région.
Le Fonds social européen collabore depuis 1994 au financement de nombreux projets.